Penser le coup d’après

Nous nous trompons de combat

Le réchauffement climatique global et la 6e extinction de masse sont devenus les fers de lance de la plupart des ONG et associations environnementales.
Pourtant nous nous trompons de combat car même si l’une et l’autre de ces causes sont bien entendu louables à défendre, en fait la Terre et les écosystèmes y vivant se remettront très bien du passage catastrophique d’Homo sapiens. Certes il leurs faudra quelques milliers d’années mais la vie reprendra son cours quoiqu’il en soit comme elle l’a déjà réalisé à plusieurs reprises au cours de l’Histoire et notamment suite aux 5 extinctions de masse précédentes.

Déjà faisons tomber un mythe que beaucoup trop d’écologistes entretiennent : Homo sapiens serait en capacité de détruire toutes vies sur Terre, et particulièrement à l’aide de son arsenal nucléaire.
Il s’agit en effet de l’arme de destruction massive la plus effroyablement efficace dont nous disposons. Or, il faut savoir que les 22 000 têtes constituant l’arsenal nucléaire mondial ne représente en termes de puissance de frappe totale qu’un millième de la puissance développée par la météorite tombée au large du Mexique il y a 65 millions d’années lors de l’extinction K/T qui aura vu environ 75 % des espèces disparaître.
Donc, au vu de la différence d’échelle, et même si nous utilisons l’ensemble de ces têtes nucléaires dans un bref laps de temps, cela, ne générerai que des conséquences localisées avec la perte de vies humaines et sans doute un hiver nucléaire engendrant par là-même une chute des productions agricoles, des famines et de nouveau une hécatombe chez les humains. La biodiversité sera inévitablement impactée également mais comme nous l’avons déjà dit elle s’en remettra très bien toute seule.
Qu’on se le dise, seul le soleil a le pouvoir de détruire toutes vies sur Terre et cela ne sera pas avant 4 milliards d’années, l’être humain lui n’en a pas le moindre pouvoir en ce sens.

Malgré tout, nous devons bien prendre en compte que les crises à venir, qu’elles soient financières, d’accès à l’eau, aux ressources énergétiques fossiles, aux terres cultivables… verront sans nul doute se multiplier les conflits, locaux dans un premier temps et ils existent déjà, régionaux dans un second puis enfin mondial avec usage des armes conventionnelles et nucléaires. Ces différents conflits auront donc pour effet principal le risque de voir surtout à terme la disparition de l’Humanité.

Ce n’est donc pas la planète, la nature, le climat, la biodiversité qu’il faut sauver mais l’Humanité !

Nous perdons les combats

Des premières révolutions d’il y a un peu plus deux siècles jusqu’au milieu du XXe nous avons connu un certain nombre d’avancées sociales que cela soit en termes de conditions de travail, d’accès à la santé, à l’éducation… Mais avec l’avènement de l’ultralibéralisme, suite à la conquête du pouvoir de Thatcher en Angleterre, de Reagan aux USA et à la complicité bienveillante des pseudos gouvernements socialistes, ces avancées sociales ne cessent d’être remises en cause, attaquées et retouchées par le bas.

Certes, après les révolutions sociétales de la fin des années 60 nous verrons alors la prise en compte des combats environnementaux et sociétaux avec quelques victoires à la clé et plus particulièrement pour les droits des femmes et des LGBT. Mais il reste encore beaucoup à faire sur ces sujets dont les acquis sont régulièrement attaqués.

Bref, depuis 40 ans, si l’on excepte quelques avancées sociétales, les droits sociaux et environnementaux défendus par les partis progressistes, les syndicats et les ONG ne cessent de reculer face aux attaques régulières et ciblées des multinationales et de leurs alliés gouvernementaux.

Ainsi, ce constat devrait nous faire réfléchir quant à notre capacité à changer le système.

Nous voulons mais ne pouvons pas

Nous voulons et tentons de changer le système et malgré nos bonnes volontés avec peu de succès comme nous l’avons vu précédemment.
Mais le pouvons-nous réellement ?

Nous sommes actuellement sous la coupe de la fable dite du colibri, chère à Pierre Rabhi. Cette fable édicte que chacun, individuellement, fait ce qu’il peut en fonction de ses moyens, ses possibilités dans le but de réduire son empreinte écologique. Alors nous trions, nous essayons de réduire nos déchets, quand nous en avons les moyens nous mangeons plus sainement, plus local et moins carné, nous essayons de rationnaliser nos déplacements quotidiens…
A contrario nous n’avons jamais consommé autant d’objets technologiques et de loisirs, nous nous déplaçons à travers le monde sans nous soucier plus que cela quant à l’impact de ces déplacements de confort et loisirs sur le réchauffement global, la biodiversité ou les populations locales. D’une manière plus générale nous continuons allègrement à nous accaparer les ressources des pays du tiers-monde laissant au passage plus de la moitié de l’Humanité survivre à minima… Ainsi, ce vol caractérisé ne permet pas aux populations locales de pouvoir vivre convenablement et simplement de pouvoir espérer se développer en ce sens.

Alors quelques dizaines millions de migrants prennent la route en quête d’une vie meilleure, au minimum moins pire. Pour la grande majorité d’entre eux, la route s’arrêtera aux bidonvilles de mégapoles ou dans les camps de réfugiés d’un pays voisin. Très peu prennent le chemin vers nos contrées et pourtant nous sommes déjà incapables d’accueillir convenablement ces quelques dizaines de milliers de personnes. Alors comment ferons-nous d’ici une cinquantaine d’années quand plus d’un milliard de réfugiés climatiques et/ou économiques seront sur les routes ?

Une solution serait de rémunérer au juste prix les ressources que nous importons de ces pays, ce que nous aurions déjà dû faire depuis plus de 500 ans, de façon à permettre à ces populations de développer leurs systèmes éducatifs, de santé, leurs politiques sociales, leurs économies, et donc plus largement leurs niveaux de vie mais cela se fera alors forcément au détriment du nôtre et ce, de façon drastique… sommes-nous prêts à cela ? J’en doute fort !

Alors, OUI, la fable du colibri c’est bien gentil mais NON, elle reste particulièrement inefficace face aux défis toujours plus conséquents que nous allons avoir à relever prochainement.

Pensons le coup d’après

Il y a une classe qui est en capacité de changer le système, et je veux bien entendu parler de la classe dirigeante, politique et/ou économique, qui pourtant ne fait rien ou si peu… mais pourquoi ?

Cette classe est sans doute très bien informée de ce qu’il va advenir très prochainement et devrait donc permettre à tous de se prémunir face aux changements à venir alors qu’elle ne cesse de permettre à un très petit nombre d’accumuler toujours plus de richesses au détriment du reste de la population.

La réponse la plus simple n’étant pas forcément la plus simpliste mais souvent la plus logique est que les gouvernants politiques permettent aux dirigeants économiques d’amasser toujours plus de fortune, ces derniers protégeant alors en retour les premiers pour « bons services rendus ».
Les puissants se créent ainsi des ilots surprotégés, des bunkers… dans lesquelles ils pensent et espèrent pouvoir vivre avec leurs familles lorsque le monde que nous connaissons s’écroulera et ce donc pour plusieurs dizaines voire centaines d’années.

Une fois que nous avons compris et accepter l’ensemble de ces faits, nous sommes donc en mesure d’élaborer une nouvelle stratégie globale qui nous sorte des raisonnements inefficaces actuels de façon à penser le coup d’après et ce, afin de nous préparer à une existence moins confortable, sans doute plus violente, et ainsi de reprendre l’avantage face aux forces ultralibérales ! ! !