Le Paradoxe du Président

Dans quelques jours va s’ouvrir à Bonn la COP 23 qui réunira les représentants et chefs d’État de l’ensemble des pays du monde. Le but de cette COP 23 sera de pérenniser l’objectif annoncé dans la déclaration finale de l’accord dit de Paris lors de la COP 21 qui s’est déroulée en 2015. Cet objectif vise une limitation du réchauffement climatique global à 2 °C et, si possible, à 1,5 °C.

Peut-on limiter le réchauffement global à 2° ?

Or, force est de constater que cet objectif sera difficile à atteindre vu que le réchauffement s’établit dès aujourd’hui à 1 °C.
Ainsi, pour atteindre l’objectif le plus ambitieux cad 1,5 °C, il faudrait dès aujourd’hui stopper toutes activités humaines émettrices de gaz à effet de serre (GES) et ce au niveau mondial. Les causes en sont :

  • l’inertie globale du système climatique liée aux masses atmosphériques et océaniques
  • et la durée de vie des GES dans l’atmosphère.

Limiter le réchauffement à 2 °C nécessiterait tout autant des efforts considérables de la part de l’ensemble des acteurs mondiaux, et notamment des pays les plus riches, mais peu semblent disposés à les réaliser.

Les chefs d'état réunis lors de la COP21 du Bourget

De plus, avant la COP 21 les pays ont été invités à rédiger des contributions stipulant leurs objectifs nationaux propres afin de limiter leurs émissions de GES. Si nous prenons en compte l’ensemble de ces contributions, nous sommes ainsi sur un réchauffement de 3 voire 3,5 °C environ à l’horizon 2100. Ce qui engendrera des conditions de vie impossibles dans beaucoup de régions du Moyen-Orient, d’Asie et d’Afrique notamment, et aussi des déplacements de populations se comptant en centaine de millions de réfugiés climatiques, puis de très fortes tensions géopolitiques et donc un important risque de guerres au niveau mondial.
Et n’oublions pas que l’accord de Paris n’est pas contraignant, et qu’ainsi chacun peut bien déclarer ce qu’il veut, ne pas atteindre ses objectifs et juste dire ensuite « on a bien essayé, mais… » !

Évoluer, migrer ou disparaître

Ensuite, le réchauffement climatique global est l’un des principaux contributeurs à la 6e extinction de masse, avec les pollutions, la fragmentation des habitats, le déplacement et l’implantation d’espèce non-autochtones et la surconsommation des ressources. En effet, le réchauffement global provoque des dérèglements climatiques locaux, qui peuvent d’ailleurs se traduire tant par des hausses que par des baisses de températures, auxquels la biomasse doit alors faire face. Pour cela il existe principalement 2 options pour les espèces menacées par ces dérèglements :

  • soit elles migrent vers de nouvelles zones plus adaptées,
  • soit elles évoluent pour s’adapter à ces nouvelles conditions.
Evolution ou migration d'espèce

Voici un schéma pour illustrer ceci

La première option est plus accessible aux espèces volantes ou marines qui peuvent parcourir des distances plus ou moins importantes mais peu aux espèces marchantes, rampantes ou végétales qui sont plus limitées de fait dans leurs déplacements et aussi par la fragmentation des habitats (routes, mégapoles, aires agricoles…). De plus cette option va aussi créer des perturbations et conflits inter-espèces et ainsi la disparation des espèces les moins adaptées aux nouvelles conditions du biotope, ou à minima la chute des populations via un rééquilibrage entre celles-ci face aux ressources disponibles.
La seconde option nécessite elle un temps relativement long, plusieurs centaines voire milliers d’années, or le réchauffement global se déroule sur quelques dizaines d’années seulement ce qui ne permet pas à la plupart des populations animales et végétales d’évoluer suffisamment rapidement pour s’adapter soit aux nouvelles conditions climatiques, soit à la venue de nouvelles espèces concurrentes.

Un paradoxe Historique

Ainsi, le dérèglement climatique global concourt en grande partie à la 6e extinction de masse des espèces qui elle-même fait courir le risque à terme à l’Humanité de disparaître.
Pourtant ce qui pousse en général quelques hommes et femmes à vouloir occuper les plus hautes fonctions étatiques, en dehors d’un désir plus ou moins affirmé et réel de gérer au mieux leur Etat, sont souvent la recherche du pouvoir et sans doute de laisser une trace dans les livres d’Histoire, Histoire avec un grand H.

L'Histoire du Monde pour les Nuls

Or, l’inaction dont font preuve beaucoup de nos dirigeants face aux menaces qui pèsent actuellement tant sur la biodiversité dans son ensemble que sur l’Humanité en particulier, relève du paradoxe que nous nommerons ainsi : LE PARADOXE DU PRESIDENT.
Car s’ils ne font rien, ou trop peu, ils nous amènent donc vers une fin quasi-certaine de l’Humanité et donc la fin de l’Histoire et donc ils ne laisseront nulle trace dans cette Histoire du monde puisqu’il n’y aura plus personne pour en prendre Connaissance, Connaissance avec un grand C !

En conséquence, et avant que ne commence les discussions de la COP 23, nous les alertons : « Agissez ou vous disparaîtrez ! ».

 
 

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