Le hasard fait parfois bien les choses

 
Le week-end dernier je prenais la décision de réactiver Kahyia qui végétait depuis ce début d’année. Rien, à part le hasard, n’aurait pu prévoir que dans le même temps un article de la revue PNAS allait connaître un tel retentissement médiatique en abordant le sujet de la 6e extinction massives des espèces.

Ainsi, le 5 juillet dernier 3 chercheurs, Gerardo Ceballos, Paul R. Ehrlich et Rodolfo Dirzo publient l’article Anéantissement biologique via la 6e extinction de masse en cours signalé par la perte et le déclin des populations de vertébrés. Cet article vise à montrer que la 6e extinction de masse ne touche pour le moment que les populations mais que très vite celle-ci passera la barrière des espèces et donc deviendra une réalité.

Un intérêt soudain !

A une époque où la presse mainstream s’intéresse plus à l’actualité des peoples et occasionnellement aux dérèglements climatiques quand une COP se déroule sur son sol ou que Donald Trump prend une décision à la con, il semblerait peu probable que l’extinction des espèces puisse attirer l’attention.

Et pourtant, cette fois-ci, plusieurs dizaines d’articles ont relayé le sujet. Le Monde se fend même d’un édito sur le sujet et d’un article de fond d’Audrey Garric.
La presse scientifique ne sera pas en reste avec des articles dans Science et Vie et deux dans Sciences et Avenir : L’extinction de masse des animaux s’accélère et La sixième extinction commence par un déclin des populations d’animaux.
Le Point relaiera aussi l’information ainsi que 20 minutes.
France culture et Libération donneront aussi la parole à l’excellent Gille Bœuf, ancien Directeur du MNHN.

Mais pourquoi une telle frénésie… limitée malgré tout ?

Peut-être que la mise en cause directe des activités humaines :

  • Fragmentation des habitats,
  • surexploitation,
  • déplacements et implantations d’espèces non-autochtones,
  • pollutions,
  • réchauffement climatique.

Ce qui est déterminant est sans doute plus le changement d’échelle qui vise ici plus les populations locales, ce que nous pouvons toutes et tous vérifier dans nos jardins, plutôt que les espèces ou les familles d’espèces moins tangibles pour le grand public.

N’oublions pas la vitesse à laquelle se produit la 6e extinction, quelques dizaines d’années comparées aux centaines de milliers voire millions d’années des 5 précédentes et le temps qu’il nous reste pour agir : de 20 à 30 ans !

Et peut être en filigrane ressentons-nous aussi venir notre propre fin ?